C’est le genre de sortie qui divise autant qu’elle fascine. Pour les puristes, la Portugieser (ou Portugaise, pour les intimes francophones) est le bastion de l’élégance classique d’IWC : un cadran épuré, des chiffres arabes appliqués et une finesse qui sied au costume.
Mais en ce début d’année 2026, la manufacture de Schaffhausen a décidé de briser les codes en activant le « Dark Mode ». Voici mon analyse sur la toute nouvelle IWC Portugieser Chronographe Ceratanium.
Le Mythe passe du côté obscur
Imaginez une icône de l’horlogerie, habituée aux reflets de l’acier poli et aux cadrans blancs « opalin », plongée dans un bain de technologie furtive. Visuellement, le choc est total. La montre abandonne sa robe traditionnelle pour une esthétique radicale, entièrement noire, du boîtier à la boucle ardillon.
Le Ceratanium : Le meilleur des deux mondes ?
Ce qui rend cette pièce unique, c’est l’usage du Ceratanium®. Pour ceux qui découvrent ce terme, il s’agit d’un matériau breveté par IWC qui a nécessité huit ans de développement. Il combine la légèreté et l’intégrité structurelle du titane avec la dureté et la résistance aux rayures de la céramique.
Contrairement à un revêtement PVD qui peut s’écailler, le Ceratanium est un alliage qui, après un passage au four à haute température, subit une transformation physique. Le résultat ? Une surface céramisée noire qui fait corps avec le métal. C’est mat, c’est technique, et c’est d’une solidité redoutable.
Un cadran pour les initiés
Côté cadran, IWC a poussé le concept du « blackout » jusqu’au bout. Les aiguilles feuilles et les index appliqués sont noirs. Si l’esthétique est indéniablement impressionnante, elle demande un temps d’adaptation : en l’absence de toute matière luminescente, la lecture de l’heure se mérite. Mais après tout, achète-t-on une Portugaise en Ceratanium pour sa fonctionnalité pure ou pour l’affirmation de style qu’elle représente ?
Sous le capot : Le calibre 69355 ou le plaisir du rituel
Pour animer cette bête de technologie, IWC mise sur le calibre de manufacture 69355. Ce mouvement chronographe à roue à colonnes, d’une précision redoutable, se laisse admirer à travers un fond en verre saphir fumé, restant fidèle à l’esprit « dark » de la pièce.
Sa réserve de marche s’établit à 46 heures. Si certains puristes de la fiche technique ne jurent désormais que par les autonomies dépassant les trois jours, cette capacité conserve une saveur particulière pour le passionné. Elle impose un rendez-vous régulier avec sa montre : ce petit rituel du remontage manuel ou de la mise à l’heure, un moment privilégié où l’on redonne vie aux rouages. C’est là toute la beauté d’un calibre automatique qui ne cherche pas la performance froide, mais maintient un lien vivant avec son propriétaire.
Verdict : Pour qui est cette montre ?
Cette édition limitée à 1 500 exemplaires ne s’adresse pas au collectionneur qui cherche sa première montre de luxe polyvalente. Elle est destinée à celui qui possède déjà les classiques et qui souhaite une pièce de caractère, capable de transformer une icône historique en un objet de design contemporain et tactique. C’est une montre qui ne demande pas la permission d’exister. Elle s’impose, tout simplement.
Fiche Technique & Caractéristiques
| Caractéristique | Détails |
| Référence | IW371631 |
| Boîtier | Ceratanium® (41 mm x 13,1 mm) |
| Cadran | Noir mat, finitions noires « stealth » |
| Mouvement | Calibre de manufacture IWC 69355 (Automatique) |
| Fonctions | Chronographe (minutes, secondes), petite seconde |
| Réserve de marche | 46 heures |
| Étanchéité | 3 bar (30 mètres) |
| Bracelet | Caoutchouc noir avec boucle en Ceratanium® |
| Édition | Limitée à 1 500 exemplaires |
Tarif constaté (2026) : Environ 13 500 €.







